Journal de Guerre

jdg.png Malaquais ne profite pas de son prix Renaudot en 1939 : il est mobilisé comme apatride dans la « Drôle de guerre ». Il relate cette expérience en prenant des notes qu’il envoie à sa compagne Galy. Ce sera la matière première de son Journal de Guerre…

Malaquais a composé un Journal de guerre qui débute en août 1939 et s’achève sur la déroute de 1940. Il y joindra un Journal du métèque relatant l’atmosphère de Paris sous Pétain, son départ à Marseille et son évasion pour le Nouveau Monde en octobre 1942. Le Journal de guerre n’évoque pas le passé de Malaquais. C’est avant tout le récit de la violente colère de l’auteur face à l’ambiance de l’été 39 et à la guerre.

« S'il y a une force dans mes notes de guerre, si vous vous plaisez à y trouver de l'humanité, c'est que ces lignes, ces mots sortent en ligne droite de mon bas ventre - vous savez de cet endroit où gît l'âme des hommes, des hommes qui en ont. »

Le Journal de guerre est un acte de résistance à la guerre où Malaquais s’efforce de témoigner pour survivre. Sans jamais s’exclure complètement de l’humanité, Malaquais observe l’abrutissement de masse de la troupe en campagne. Il a besoin de comprendre cette déchéance pour demeurer lui-même et sauver sa confiance en l’homme.

« Je voudrais comprendre…Comprendre le pourquoi de ce langage, de ces gestes et réactions invariablement scatologiques. Que diable avons-nous fait de notre vernis de la veille ? Car il est certain que six semaines d'uniforme nous ont désappris d'ouvrir la bouche sans aussitôt envoyer chier la création, de mettre une sourdine à nos pets tonitruants, d'engloutir notre bouffe sans postillonner ; et moi, si je n'en fais pas de même, pas autant, serait-ce que j'ai moins mal aux entournures que les compagnons ? » (11 octobre 1939, JG, p. 39-40).

Le Journal de guerre fut édité, dans son intégralité, aux Éditions de la Maison Française, à New York, en 1943 et parut en traduction anglaise en 1944. Mais, à ce moment-là, le journal ne parut pas en France, parce que selon Malaquais, la " description de l'armée française ", de sa propre " expérience ", des " bouseux " avec lesquels il avait été mobilisé n'était pas " très glorieuse ". Et d'ajouter : " Il y a une espèce de provincialisme, de manque d'autocritique dans ce pays, qui me renverse, me renverse. "

En 1988, quelques extraits du Journal du métèque furent finalement édités en France dans la revue nota bene et presque dix ans plus tard les deux journaux, Journal de guerre, suivi de Journal du métèque, parurent dans leur intégralité.

Voir toute la rubrique
Oeuvres