Le Gaffeur

legaffeur.jpgEn 1953, Malaquais publie Le Gaffeur, roman où, pour la première fois, il «se marie» à un personnage central.

« Je m'efforce, dans ce livre, de peindre la Barbarie, mais cette fois-ci, contrairement à ce que j'avais fait dans mes Javanais et dans ma Planète, sur le plan individuel, à travers l'existence d'un seul personnage. Le livre est écrit à la première personne. Pas de date précise, pas de lieu géographique, cela se passe dans la Cité, au sens romain du mot, qui englobe la société dans sa totalité historique. »

Le Gaffeur est une sorte de conte philosophique qui dénonce la mutilation de la conscience dans une société où la Cité écrase les individus et se perpétue en interdisant toute manifestation de pensée.

Ce livre marque un tournant dans l’œuvre de Malaquais. Pour la première fois une thèse, philosophique ou politique, sous-tendait le récit. Elle n'empêcha pas la réussite romanesque, mais elle revendiquait une importance qui crut dans les écrits suivants, jusqu'à faire sortir Malaquais du domaine de la fiction.

Le Gaffeur parut en 1953, chez Corrêa; et en 1954 aux États-Unis, sous le titre The Joker. A sa sortie, l'œuvre connut un remarquable succès critique : le style de Malaquais fut souvent comparé à celui de Kafka. Les critiques élogieuses furent tout aussi abondantes aux États-Unis, et il y eut même des articles sur le roman dans des journaux hollandais et pakistanais. Pourtant les ventes ne suivirent pas… L’œuvre a été rééditée chez Phébus en 2001 et il est à nouveau possible de la découvrir.

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